Citerne DFCI : quelles réserves d'eau contre l'incendie des forêts ?
Quand un feu de forêt démarre loin de tout réseau d'eau, chaque minute compte. Les sapeurs-pompiers dépendent alors d'un maillage de citernes et de points d'eau répartis le long des pistes forestières : c'est le rôle des équipements DFCI. Communes, syndicats intercommunaux, associations syndicales de propriétaires forestiers : voici ce qu'il faut savoir avant de créer ou de remplacer une citerne DFCI.
DFCI : de quoi parle-t-on ?
La DFCI, ou défense des forêts contre l'incendie, regroupe les mesures qui préviennent les feux de forêt et facilitent la lutte : pistes d'accès, débroussaillement, tours de guet et points d'eau. Elle s'appuie sur le code forestier et sur des plans départementaux ou interdépartementaux de protection des forêts contre l'incendie (PDPFCI).
Il ne faut pas la confondre avec la DECI, la défense extérieure contre l'incendie, qui protège les bâtiments et les zones habitées. La DFCI concerne les massifs forestiers, souvent éloignés de toute habitation.
Le sujet ne concerne plus seulement le Sud-Est. Selon la Banque des Territoires, 46 départements sont désormais concernés par les obligations légales de débroussaillement, pilier de la DFCI.
Le rôle d'une citerne DFCI
Une citerne DFCI est une réserve d'eau fermée, implantée en forêt, qui permet de remplir rapidement les camions-citernes feux de forêt. Certaines sont aussi accessibles aux hélicoptères bombardiers d'eau. Elle raccourcit les allers-retours entre le feu et le point de ravitaillement, ce qui augmente le temps réellement passé à attaquer le feu.
Le guide des équipements DFCI de l'aire méditerranéenne liste plusieurs types de points d'eau : citerne, bassin, retenue, point d'eau naturel, poteau ou bouche d'incendie. Les citernes y sont classées à part, comme réserves fermées.
Quelles capacités pour une citerne DFCI ?
Il n'existe pas de volume unique au niveau national. Chaque département fixe ses règles dans son guide ou son plan DFCI. Deux exemples réels :
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Dans le Tarn, le guide départemental DFCI vise « a minima 30 m³ d'eau en 30 minutes ». Il distingue les citernes de 1re catégorie (plus de 30 m³) et de 2e catégorie (au moins 10 m³).
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Dans le massif de l'Estérel, le syndicat mixte du Grand Site gère 90 citernes métalliques de 30 m³, dont certaines équipées pour le pompage par hélicoptère.
Le volume de 30 m³ revient souvent, mais seul le document de votre département fait foi.
Les règles d'implantation à respecter
Au-delà du volume, l'emplacement et l'accès comptent autant. Les guides DFCI insistent sur plusieurs points :
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une plate-forme portante : le guide méditerranéen impose une plate-forme supportant au moins 19 tonnes pour l'accès et la manœuvre des engins ;
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un emplacement sur les pistes DFCI, si possible sur une aire de stationnement ou de retournement ;
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une prise d'aspiration adaptée : le guide du Tarn demande une prise de 100 mm avec vanne en point bas ;
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une signalisation claire : chaque point d'eau porte un code unique, et le dernier kilomètre d'accès est balisé depuis la piste ;
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un débroussaillement entretenu autour de la citerne.
Autre point souvent oublié : le remplissage. Le guide du Tarn précise qu'il n'appartient pas au SDIS de remplir une citerne. Le gestionnaire doit donc prévoir comment la citerne sera remplie et contrôlée, par exemple avant chaque été.
Citerne métallique, béton ou souple ?
Les citernes DFCI historiques sont souvent métalliques ou en béton. La citerne souple n'est pas toujours listée comme type de point d'eau DFCI. Dans le Tarn, elle n'apparaît que comme réserve d'approche de 8 à 10 m³ posée par les pompiers pendant l'intervention.
Avant tout projet, il faut donc vérifier auprès de la DDT(M) et du SDIS si une réserve souple est acceptée comme point d'eau DFCI, et à quelles conditions.
Quand elle est acceptée, la réserve souple présente des atouts concrets en forêt :
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un transport et une pose simples, sans engin de levage ni coulage de béton sur une piste parfois difficile d'accès ;
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un grand choix de volumes : les bâches incendie Citerpack vont de 1 à 600 m³ ;
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des certifications DECI : la gamme est certifiée NF S62-240, NF S62-250 et conforme au référentiel national DECI ;
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des équipements adaptés aux pompiers, comme le piquage DN100 ou les systèmes hors gel avec col de cygne ou poteau d'aspiration.
Pour comparer les solutions, consultez notre comparatif citernes souples vs rigides pour la défense incendie.
Les étapes d'un projet de citerne DFCI
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Consulter le plan ou le guide DFCI du département.
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Valider l'emplacement et le volume avec la DDT(M) et le SDIS.
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Aménager la plate-forme d'accès et d'aspiration (voir notre guide sur l'aire d'aspiration pompier).
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Installer la réserve, la remplir et la signaler.
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Prévoir les contrôles et le remplissage annuels, ainsi que le débroussaillement des abords.
Avec le changement climatique, les saisons à risque s'allongent. Mieux vaut anticiper ces étapes avant l'été.
FAQ
Qui finance une citerne DFCI ?
Le maître d'ouvrage est généralement une commune, une intercommunalité, un syndicat ou une association syndicale de propriétaires. Les aides possibles dépendent du département et de la région : renseignez-vous auprès de la DDT(M).
Quel volume minimum pour une citerne DFCI ?
Il est fixé par chaque département. Le seuil de 30 m³ est fréquent, mais certains guides admettent des citernes plus petites, dès 10 m³ dans le Tarn.
Quelle différence entre DFCI et DECI ?
La DECI protège les bâtiments et les zones habitées. La DFCI protège les massifs forestiers. Les règles et les interlocuteurs ne sont pas les mêmes.
Une citerne souple peut-elle servir de point d'eau DFCI ?
Cela dépend du département. Elle doit être validée par la DDT(M) et le SDIS avant installation.
Qui remplit la citerne DFCI ?
Le gestionnaire du point d'eau. Le SDIS n'est pas tenu d'assurer ce remplissage.
