Réforme de la DECI : où en est le Sénat en 2026 et quel impact pour les communes rurales ?
La Défense Extérieure Contre l'Incendie (DECI), ce dispositif qui garantit aux services de secours un accès suffisant à l'eau pour combattre un incendie, fait l'objet d'une réforme portée par le Sénat visant à en simplifier les modalités pour les communes, en particulier les plus petites d'entre elles. Née de la loi n°2011-525 et précisée par le décret n°2015-235, la DECI reste aujourd'hui organisée localement par les Règlements Départementaux de Défense Extérieure Contre l'Incendie (RDDECI), avec des exigences qui peuvent varier sensiblement d'un département à l'autre.
Pour les maires de communes rurales, souvent démunis face à la technicité du sujet et aux coûts d'équipement en hydrants classiques, cette réforme est suivie de près : elle pourrait alléger certaines obligations tout en maintenant un niveau de sécurité incendie suffisant.
Rappel : qu'est-ce que la DECI concrètement ?
La DECI est une compétence de police spéciale du maire (ou de l'intercommunalité), qui doit s'assurer que sa commune dispose de points d'eau mobilisables par les pompiers poteaux incendie, bornes, réserves naturelles ou artificielles en nombre et en capacité suffisants au regard du risque local. Notre article Qu'est-ce que la DECI Pompiers ? détaille le fonctionnement général de ce dispositif pour les collectivités qui découvrent le sujet.
Ce que vise la réforme portée par le Sénat
Le Sénat a demandé une révision des modalités de la DECI pour tenir compte des réalités des petites communes rurales, dont le réseau d'eau potable n'est pas toujours dimensionné pour fournir les débits exigés par un hydrant classique. L'objectif affiché est de faciliter le recours à des solutions alternatives, notamment les réserves d'eau souples, plus simples et moins coûteuses à déployer qu'une extension de réseau ou qu'un poteau incendie raccordé.
Cette orientation confirme une tendance déjà à l'œuvre : de nombreux RDDECI reconnaissent d'ores et déjà la citerne souple, conforme à la norme NF S62-250, comme un point d'eau incendie (PEI) à part entière, au même titre qu'un poteau ou une bâche rigide.
Ce que cela change concrètement pour une commune rurale
En pratique, une commune qui ne peut pas garantir un débit de 60 m³/h pendant deux heures via son réseau d'eau l'exigence classique pour un poteau incendie peut se tourner vers une réserve souple dimensionnée pour couvrir le même volume total (120 m³), sans dépendre de la pression du réseau. Notre guide PEI Pompiers : l'importance des points d'eau incendie pour les pompiers détaille les équivalences entre les différents types de points d'eau incendie reconnus.
Cette solution s'intègre naturellement à la démarche de Plan Communal de Sauvegarde, qui formalise l'ensemble des dispositifs de sécurité de la commune.
Se préparer sans attendre le texte définitif
Le calendrier législatif d'une réforme sénatoriale reste incertain, mais les communes rurales n'ont pas à attendre son aboutissement pour agir : le cadre actuel permet déjà, dans la plupart des départements, de faire valider une réserve incendie souple par le SDIS local. Se rapprocher de son RDDECI départemental reste la première étape pour évaluer précisément les obligations applicables.
