Aire de lavage du pulvérisateur et phytobac : gérer les effluents phytosanitaires
Fonds de cuve, eaux de rinçage, eaux de lavage du pulvérisateur : chaque campagne de traitement produit des effluents phytosanitaires. Mal gérés, ils sont une source majeure de pollution ponctuelle des cours d'eau et des nappes. La réglementation laisse deux voies : la gestion au champ ou le traitement sur l'exploitation, souvent avec un phytobac. Voici comment organiser une aire de lavage et de remplissage conforme, et où le stockage tampon trouve sa place.
Qu'est-ce qu'un effluent phytosanitaire ?
Selon l'arrêté du 4 mai 2017, les effluents phytopharmaceutiques regroupent notamment :
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les fonds de cuve et les bouillies non utilisables ;
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les eaux de nettoyage du matériel, rinçage intérieur ou extérieur ;
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les matériaux solides ou liquides ayant été en contact avec ces produits.
Les volumes ne sont pas négligeables. Selon un guide technique des chambres d'agriculture de Nouvelle-Aquitaine, une exploitation gère en moyenne 1 500 à 3 000 litres d'effluents par pulvérisateur et par an.
Première voie : la gestion au champ
L'arrêté autorise la gestion des fonds de cuve à la parcelle, sous conditions strictes :
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diluer le fond de cuve dans au moins 5 fois son volume d'eau de rinçage, puis l'épandre sur la parcelle traitée sans dépasser la dose autorisée ;
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vidanger ou réutiliser le fond de cuve seulement si sa concentration est au moins 100 fois inférieure à celle de la bouillie initiale ;
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rincer l'extérieur du pulvérisateur au champ après cet épandage.
Ces opérations sont interdites à moins de 50 mètres des points d'eau, et à moins de 100 mètres des lieux de baignade et des captages d'eau potable. Elles ne sont possibles qu'une fois par an sur une même surface, hors sol gelé, saturé d'eau ou en forte pente.
Cette voie est simple, mais elle ne couvre pas tout : le lavage complet du matériel et les incidents de remplissage se font souvent à la ferme.
Deuxième voie : le traitement sur l'exploitation
Les effluents gardés sur l'exploitation ne peuvent être épandus ou vidangés qu'après un traitement reconnu efficace. Ces procédés figurent sur une liste publiée au Bulletin officiel du ministère de l'Écologie, et un registre de suivi doit être tenu.
Le phytobac
C'est le procédé le plus répandu : un bac étanche rempli d'un mélange de terre et de paille, où les micro-organismes dégradent les matières actives. Le guide de Nouvelle-Aquitaine recommande un volume de substrat égal à 1,5 à 2 fois le volume annuel d'effluents. Il estime son coût à 3 000 à 4 000 € HT pour 2 m³ d'effluents par an.
Les autres procédés
D'autres procédés existent, par exemple par déshydratation, comme Héliosec ou Osmofilm.
Organiser l'aire de remplissage et de lavage
Le traitement n'est efficace que si les effluents sont bien collectés. L'aire de remplissage et de lavage est le cœur du dispositif. Le guide de Nouvelle-Aquitaine donne plusieurs repères :
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une dalle béton étanche de 15 à 20 cm, avec des joints de dilatation ; les réalisations étudiées font en moyenne 150 m² ;
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une pente de 2 à 3 % vers un point de collecte, et un muret d'environ 15 cm pour contenir les effluents ;
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un séparateur à trois voies si l'aire n'est pas couverte : effluents phyto vers le stockage ou le traitement, eaux de lavage classiques vers le débourbeur et le séparateur à hydrocarbures, eaux de pluie vers le réseau pluvial ;
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une couverture, qui évite de mélanger la pluie aux effluents et réduit les volumes à traiter.
Le stockage tampon des effluents
Entre la collecte et le traitement, un stockage tampon est souvent utile. Le phytobac ou le sécheur ne traitent pas tout d'un coup. En pleine campagne, les rinçages s'enchaînent. Une cuve tampon absorbe ces pics et recueille les effluents en cas d'incident.
Le guide de Nouvelle-Aquitaine fixe quelques règles d'implantation :
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au moins 10 mètres des limites de propriété pour une cuve à l'air libre, 5 mètres si elle est fermée ;
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50 mètres des captages d'eau potable, sauf si la cuve dispose de sa propre rétention ;
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une pompe résistante à la corrosion.
Citerpack propose des solutions de rétention pour fosse et bassin (fosse sur talus, bassin sur muret, rétention autoportante sur équerres) et des citernes souples pour effluents agricoles, qui couvrent notamment les eaux de lavage et de process des exploitations. Pour des effluents phytosanitaires, la compatibilité du tissu avec les produits utilisés doit être validée avec nos équipes avant toute installation.
FAQ
Le phytobac est-il obligatoire ?
Non. Il fait partie des procédés de traitement reconnus. On peut aussi gérer les fonds de cuve au champ, dans le respect de l'arrêté du 4 mai 2017.
Peut-on vider un fond de cuve dans la cour de ferme ?
Non. Hors gestion au champ selon les règles de dilution, les effluents gardés sur l'exploitation doivent passer par un traitement reconnu.
Quel volume d'effluents produit un pulvérisateur par an ?
En moyenne 1 500 à 3 000 litres par pulvérisateur, selon le guide des chambres d'agriculture de Nouvelle-Aquitaine.
Comment dimensionner un phytobac ?
Le volume de substrat doit représenter 1,5 à 2 fois le volume annuel d'effluents à traiter.
Faut-il couvrir l'aire de lavage du pulvérisateur ?
Ce n'est pas obligatoire, mais c'est recommandé. Une aire couverte évite que l'eau de pluie s'ajoute aux effluents à stocker et à traiter.
