Bassin d'orage, bassin tampon, bassin de rétention : quelles différences ?
Bassin d'orage, bassin de rétention, bassin tampon, bassin d'infiltration : ces termes reviennent dans les permis de construire, les dossiers loi sur l'eau et les projets industriels. Ils sont souvent employés l'un pour l'autre, alors qu'ils ne désignent pas tout à fait le même ouvrage. Voici comment les distinguer, à quoi sert chacun, et quand une solution de stockage souple peut jouer ce rôle.
Pourquoi stocker les eaux temporairement ?
Quand il pleut fort, l'eau ruisselle sur les toits, les voiries et les parkings. Les réseaux et les cours d'eau reçoivent alors en quelques minutes des volumes qu'ils ne peuvent pas absorber. Résultat : inondations, débordements des réseaux et pollution des milieux. Stocker l'eau temporairement permet de la restituer plus lentement, de la laisser décanter ou de l'infiltrer sur place.
Le même principe s'applique dans l'industrie et l'agriculture, pour des effluents produits par à-coups qu'un dispositif de traitement ne peut pas recevoir d'un seul coup.
Les quatre ouvrages en un coup d'œil
| Ouvrage | Ce qu'il reçoit | Son rôle principal | Où on le trouve |
|---|---|---|---|
| Bassin de rétention (ou de retenue) | Eaux pluviales de ruissellement | Stocker temporairement pour réduire le débit de pointe et laisser décanter | Lotissements, zones d'activités, routes |
| Bassin d'orage | Eaux d'un réseau d'assainissement, souvent unitaire, en cas de forte pluie | Éviter que le surplus déborde vers le milieu naturel avant la station d'épuration | Réseaux d'assainissement des collectivités |
| Bassin d'infiltration | Eaux pluviales | Faire pénétrer l'eau dans le sol et recharger la nappe | Parcelles, espaces verts, zones d'activités |
| Bassin tampon | Eaux ou effluents produits par à-coups | Lisser les volumes avant un traitement, un rejet ou une réutilisation | Industrie, agriculture, stations de traitement |
Le bassin de rétention des eaux pluviales
Le bassin de rétention stocke les eaux de ruissellement pendant un temps limité, puis les restitue au réseau ou au milieu avec un débit régulé. Selon les travaux de l'Observatoire de terrain en hydrologie urbaine (OTHU, GRAIE), beaucoup de ces bassins ont d'abord été conçus pour atténuer les débits de pointe. Ils servent aussi à piéger une partie des polluants par décantation.
On distingue les bassins secs, qui se vident en un à deux jours après la pluie, et les bassins en eau, qui gardent un niveau permanent. Un bassin de rétention étanche réduit peu le volume d'eau : il le décale dans le temps.
À l'échelle d'un projet de construction, le PLU ou le zonage pluvial impose souvent un volume de rétention et un débit de fuite maximal.
Le bassin d'orage
Le bassin d'orage est installé sur les réseaux d'assainissement, en particulier les réseaux unitaires qui mélangent eaux usées et eaux de pluie. Par forte pluie, le réseau reçoit plus que ce que la station d'épuration peut traiter. Des déversoirs d'orage rejettent alors le surplus vers le milieu naturel. Le bassin d'orage stocke une partie de ce surplus pour le renvoyer vers la station une fois la pluie passée.
C'est un ouvrage public, géré par la collectivité ou son délégataire. Il ne s'adresse pas aux particuliers ni aux entreprises.
Le bassin d'infiltration
Le bassin d'infiltration laisse l'eau pénétrer dans le sol. Il réduit le volume envoyé aux réseaux et contribue à la recharge des nappes. Il demande un sol suffisamment perméable et une attention particulière aux pollutions. À l'échelle d'une maison, son équivalent est souvent le puisard ou la tranchée d'infiltration.
Le bassin tampon
Le bassin tampon n'est pas réservé aux eaux pluviales. Il désigne tout volume de stockage intermédiaire qui absorbe des apports irréguliers pour les restituer de façon régulière. Exemples :
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une cave qui stocke ses effluents de vendanges avant traitement ;
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une exploitation qui stocke ses eaux de lavage avant un filtre planté de roseaux ;
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un site industriel qui lisse ses rejets d'eaux de process vers la station.
Le bassin tampon peut être un ouvrage en béton, une fosse ou une citerne fermée.
Où se place le stockage souple ?
Une citerne souple ne remplace pas un bassin d'orage public. En revanche, elle peut jouer le rôle de bassin tampon ou de stockage d'eau de pluie à la parcelle :
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pour récupérer et réutiliser l'eau de pluie d'une toiture, au lieu de seulement la retenir : voir notre gamme de cuves et récupérateurs d'eau de pluie, de 1 à 600 m³ ;
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comme bassin tampon pour des effluents agricoles ou industriels avant traitement : voir nos citernes souples pour effluents ;
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comme rétention de sécurité autour de stockages de liquides : voir nos solutions de rétention pour fosse et bassin.
Si un ouvrage de rétention des eaux pluviales est imposé par votre PLU, vérifiez avec la mairie si une citerne de récupération peut en tenir lieu, en tout ou en partie. Sur les zones d'activités, notre article sur la gestion des eaux de pluie en zone industrielle donne des pistes.
FAQ
Quelle est la différence entre un bassin d'orage et un bassin de rétention ?
Le bassin de rétention gère les eaux de ruissellement pluvial. Le bassin d'orage est installé sur un réseau d'assainissement pour éviter les débordements vers le milieu par forte pluie.
À quoi sert un bassin tampon ?
Il absorbe des volumes irréguliers d'eau ou d'effluents pour les restituer de façon régulière vers un traitement, un rejet ou une réutilisation.
Un bassin de rétention est-il toujours en eau ?
Non. Les bassins secs se vident en un à deux jours après la pluie. Les bassins en eau gardent un niveau permanent.
