Retenue collinaire : fonctionnement, réglementation et alternatives de stockage
Avec des étés plus secs et des restrictions d'eau de plus en plus fréquentes, de nombreux agriculteurs cherchent à stocker l'eau quand elle est abondante pour l'utiliser en été. La retenue collinaire est l'une des solutions les plus anciennes. Mais elle demande de la surface, des travaux et des démarches administratives qui évoluent vite. Voici comment elle fonctionne, ce que dit la loi aujourd'hui, et dans quels cas une réserve fermée est plus adaptée.
Qu'est-ce qu'une retenue collinaire ?
Une retenue collinaire, ou lac collinaire, est un plan d'eau artificiel qui recueille les eaux de ruissellement d'un bassin versant, souvent au creux d'un vallon. Une digue en terre retient l'eau de pluie de l'automne et de l'hiver. L'eau est ensuite utilisée au printemps et en été, le plus souvent pour l'irrigation ou l'abreuvement.
Il ne faut pas la confondre avec la réserve de substitution, souvent appelée « bassine ». Celle-ci est remplie en hiver par pompage dans une nappe ou une rivière, et non par le ruissellement. Ce type d'ouvrage fait débat, à l'instar des mégabassines.
Les avantages et les limites d'une retenue collinaire
Les avantages
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Un grand volume stocké pour un coût au m³ souvent faible.
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Un remplissage naturel par le ruissellement, sans pompage.
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Une ressource disponible au moment où les prélèvements en rivière sont restreints.
Les limites
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Une grande emprise au sol et un terrain adapté : vallon, sol peu perméable.
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Des pertes par évaporation en été, sur un plan d'eau à ciel ouvert.
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Un entretien de la digue, du déversoir et de la végétation.
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Des démarches administratives parfois longues, surtout en zone humide.
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Un impact possible sur le débit des cours d'eau en aval et sur les milieux humides.
Ce que dit la réglementation
Une retenue collinaire est un plan d'eau au sens de la loi sur l'eau. Elle relève de la rubrique 3.2.3.0 de la nomenclature, qui distingue, selon le cabinet Landot & associés :
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les plans d'eau de 0,1 à 3 hectares, soumis à déclaration ;
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les plans d'eau de 3 hectares ou plus, soumis à autorisation.
D'autres règles peuvent s'ajouter : prélèvements d'eau, hauteur de digue, sécurité des ouvrages, documents d'urbanisme.
Un cadre qui évolue vite
La création d'un plan d'eau en zone humide a fait l'objet de plusieurs revirements récents. Un arrêté du 3 juillet 2024 avait assoupli les règles pour les projets touchant moins d'un hectare de zone humide. Le Conseil d'État l'a annulé le 2 mars 2026, au nom du principe de non-régression du droit de l'environnement. Une loi du 18 août 2026 pourrait rouvrir cet assouplissement, mais sa portée dépend encore de ses textes d'application.
Avant tout projet, faites le point avec la DDT de votre département sur les règles en vigueur au moment du dépôt.
Les alternatives à la retenue collinaire
La retenue collinaire n'est pas toujours possible : pas de vallon adapté, zone humide, surface insuffisante, délais trop longs. D'autres solutions permettent de stocker de l'eau sur l'exploitation.
Récupérer l'eau de pluie des toitures
Les bâtiments agricoles offrent de grandes surfaces de collecte. Leur eau de pluie peut alimenter l'abreuvement, le lavage ou une partie de l'irrigation. la citerne souple pour eau de pluie s'avère être une alternative de complément pertinente pour ces usages.
Stocker l'eau d'un forage
Remplir une réserve pendant les périodes autorisées permet de lisser les prélèvements et de disposer d'un volume tampon pour l'irrigation. Voir notre guide pour stocker l'eau de forage sur une exploitation.
Utiliser une citerne souple fermée
La citerne souple stocke l'eau dans une poche fermée posée sur un sol plan. Pour une exploitation, elle présente plusieurs différences avec une retenue :
| Critère | Retenue collinaire | Citerne souple |
|---|---|---|
| Volume | Plusieurs milliers de m³ | Jusqu'à 600 m³ par citerne, plusieurs citernes reliables |
| Évaporation | Importante en été | Très limitée (poche fermée) |
| Emprise | Grande, terrain spécifique | Plate-forme plane |
| Travaux | Terrassement et digue | Préparation du sol, pose en quelques heures à quelques jours |
| Qualité de l'eau | Exposée (algues, débris) | Protégée de la lumière et des débris |
La gamme de stockage d'eau Citerpack compte de nombreuses réalisations agricoles : 60 m³ pour l'arrosage et le maraîchage, 120 et 150 m³ d'eau de forage pour l'irrigation, 300 et 400 m³ d'eau de pluie de bâtiments agricoles, ou encore 1 000 m³ répartis en quatre citernes de 250 m³. Une citerne fermée n'est pas, en principe, un plan d'eau au sens de la rubrique 3.2.3.0. Faites toutefois confirmer par la DDT les règles applicables à votre projet, notamment pour le prélèvement de l'eau.
FAQ
Quelle différence entre retenue collinaire et bassine ?
La retenue collinaire se remplit par le ruissellement des eaux de pluie. La réserve de substitution, ou bassine, est remplie en hiver par pompage dans une nappe ou une rivière.
Faut-il une autorisation pour créer une retenue collinaire ?
Oui, dès 0,1 hectare. Une déclaration suffit jusqu'à 3 hectares, une autorisation est nécessaire au-delà. D'autres règles peuvent s'ajouter, notamment en zone humide.
Une retenue collinaire perd-elle de l'eau par évaporation ?
Oui. À ciel ouvert, une partie de l'eau s'évapore en été, au moment où elle est la plus utile.
Quelle alternative quand on n'a pas de terrain adapté ?
La récupération d'eau de pluie sur les bâtiments ou le stockage d'eau de forage en citerne souple, sur une simple plate-forme plane.
Quel volume peut-on stocker en citerne souple ?
Jusqu'à 600 m³ par citerne dans la gamme Citerpack. Plusieurs citernes peuvent être reliées pour augmenter la capacité.
