Eaux blanches et eaux vertes de salle de traite : stockage et gestion
Deux fois par jour, la traite se termine par un lavage : machine à traire, tank à lait, quais et aire d'attente. Ces eaux de lavage, appelées eaux blanches et eaux vertes, sont produites tous les jours de l'année. Elles sont moins chargées qu'un lisier, mais elles ne peuvent pas partir au fossé. Voici ce qu'il faut savoir pour les gérer correctement et choisir entre stockage, épandage et traitement.
Eaux blanches, eaux vertes : de quoi parle-t-on ?
-
Les eaux blanches proviennent du lavage de la machine à traire et du tank à lait. Elles contiennent des résidus de lait et des produits de nettoyage.
-
Les eaux vertes proviennent du lavage des quais de traite et de l'aire d'attente, après le raclage des bouses. Elles contiennent des déjections diluées.
Les deux sont souvent collectées ensemble. Selon le guide de l'Institut de l'Élevage sur le traitement des effluents de salle de traite, ce mélange contient moins de 0,1 kg d'azote et de phosphore par m³, contre environ 4 kg d'azote par m³ pour un lisier de bovins. Ce sont donc des effluents peu chargés, mais volumineux.
Attention au lait non commercialisable : sa charge polluante est très importante. Il ne doit pas être mélangé aux eaux de lavage sans précaution.
Quels volumes produit une salle de traite ?
Les volumes varient fortement d'un élevage à l'autre : taille de la salle de traite, matériel, pratiques de lavage. Le guide de l'Institut de l'Élevage cite des valeurs de référence mensuelles
| Type de salle de traite | Volume de référence |
|---|---|
| Épi 2 × 3 postes | 16 m³ par mois |
| Tandem 2 × 12 postes | 82 m³ par mois |
Sur une année, cela représente de quelques dizaines à plusieurs centaines de m³. Ces valeurs datent d'une circulaire de 2001 : le plus fiable reste de mesurer la consommation réelle d'eau de lavage avec un compteur dédié.
Ce que dit la réglementation
Le principe est simple : le rejet direct dans le milieu naturel est interdit. Les eaux blanches et vertes doivent être stockées puis épandues, ou traitées avant rejet. Les règles précises dépendent du statut de l'élevage (règlement sanitaire départemental ou installations classées) et de sa situation en zone vulnérable aux nitrates.
Lorsqu'elles sont stockées, la capacité de stockage doit couvrir la durée minimale imposée à l'élevage. Selon l'Institut de l'Élevage, les fosses doivent en général être implantées au-delà de 100 mètres des tiers. Renseignez-vous auprès de votre DDPP ou de votre chambre d'agriculture pour connaître les obligations qui s'appliquent à votre exploitation.
Les solutions de gestion
Stocker avec le lisier
C'est la solution la plus simple quand l'élevage dispose déjà d'une fosse à lisier assez grande. Mais les eaux de lavage diluent le lisier et occupent un volume important dans la fosse, parfois au point de la saturer en hiver.
Stocker à part puis épandre
Un stockage dédié aux eaux de salle de traite évite de saturer la fosse à lisier. Les eaux sont ensuite épandues sur les prairies ou les cultures, dans le respect du plan d'épandage. L'Institut de l'Élevage note que cette solution convient bien quand les parcelles d'épandage sont proches.
Traiter sur place
Des dispositifs de traitement existent, comme les filtres plantés de roseaux ou les fossés lagunants. Ils sont souvent privilégiés quand le stockage est coûteux ou que les parcelles d'épandage sont éloignées. Ils s'accompagnent généralement d'un bassin tampon : l'Institut de l'Élevage cite des temps de séjour de 6 jours pour les eaux blanches seules et de 9 jours avec les eaux de quai.
La citerne souple pour les eaux de salle de traite
Citerpack dispose de solutions pour le stockage des eaux blanches, brunes et vertes parmi les usages de ses citernes souples pour effluents agricoles. Pour un stockage dédié ou un bassin tampon avant traitement, elles présentent plusieurs atouts :
-
des volumes de 10 à 600 m³, à dimensionner selon votre production mensuelle et votre durée de stockage ;
-
une installation rapide, sans génie civil lourd, sur un sol plan préparé ;
-
des équipements en inox et des piquages de grand diamètre ;
-
une garantie de 10 ans et une durée de vie annoncée de 20 ans, avec une fabrication française.
Exemple de dimensionnement : une salle de traite qui produit 30 m³ d'eaux blanches et vertes par mois, avec une durée de stockage de 4 mois, a besoin d'environ 120 m³ de stockage, plus une marge de sécurité.
Pour aller plus loin, lisez aussi nos articles sur le stockage du purin, le stockage du lactosérum et le rôle des bassins de rétention pour les effluents agricoles.
FAQ
Quelle différence entre eaux blanches et eaux vertes ?
Les eaux blanches viennent du lavage de la machine à traire et du tank. Les eaux vertes viennent du lavage des quais et de l'aire d'attente.
Peut-on rejeter les eaux de salle de traite dans un fossé ?
Non. Le rejet direct dans le milieu naturel est interdit. Elles doivent être stockées et épandues, ou traitées.
Peut-on stocker les eaux blanches dans la fosse à lisier ?
Oui, c'est une pratique courante, à condition que la fosse soit assez grande pour absorber ces volumes sur toute la durée de stockage.
Une citerne souple peut-elle servir de bassin tampon avant traitement ?
Oui. Elle permet d'étaler les apports vers un filtre planté de roseaux ou un autre dispositif de traitement.
